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Ce blog se veut un lieu de réflexion libertaire autour des concepts de domination et de pouvoir.L'objectif serait de fournir une base référentielle pour faciliter le renouveau de la pensée libertaire. Attention comme tout blog il faut commencer par la fin soit le message le plus ancien. Pour faciliter ,les articles ont été numérotés puisqu'ils font partie d'un ensemble de textes. La forme blog m'est apparue plus intéressante que la brochure en raison de la gratuité et des échanges à venir.Vous pouvez laisser des commentaires en cliquant sur l'icône éclair.Cordialement et bonne lecture !

12 Apr

Anarchie et pouvoir 10

Publié par sureau  - Catégories :  #anarchie et pouvoir

De la differenciation dans l’appreciation du pouvoir dans l'anarchisme

Au fil du temps, une évolution idéelle allait parallèlement et progressivement éclore, sous la plume d’anarchistes soucieux de se démarquer du socialisme autoritaire Ils allaient oublier les observations de Proudhon, pour idéaliser la liberté et l'entraide.

« Le fédéralisme est au yeux de Proudhon un système d’organisation fonctionnel et rationnel dont l’objectif est d’éviter les inconvénients de la centralisation politique et ceux de l’émiettement : il ne part pas de présupposés idéologiques mais se plaque sur la réalité de l’existence des populations organisées. La société est un ensemble vivant, complexe et mouvant. Les contradictions dont elle est parcourue sont la condition de son existence : « se distinguer, se définir, c’est être ; de même que se confondre et s’absorber, c’est se perdre ». Proudhon est férocement opposé à la notion d’Etat unitaire et d’indivision du politique. »[1]

« Proudhon proclame comme « base du droit fédératif et de tout ordre politique, le droit économique »

Il ne s’agit cependant pas d’un éparpillement du pouvoir consécutif à la coexistence de groupements autonomes, car la cohésion de l’ensemble est assurée, juridiquement, par « la promesse que se font les uns aux autres les divers groupes souverains : 1° de se gouverner eux-mêmes mutuellement et de traiter avec leurs voisins selon certains principes; 2° de se protéger contre l’ennemi du dehors et la tyrannie du dedans; 3° de se concerter dans l’intérêt de leurs exploitations et de leurs entreprises respectives, comme aussi de se prêter assistance dans leurs infortunes »

Il ne s’agit pas, par conséquent, de nier la nécessité d’un gouvernement, mais de mettre en place un système où « le centre politique est partout, la circonférence nulle part » : le gouvernement est alors « chargé de veiller à l’exécution du pacte et à l’amélioration de la chose commune »…

Le système fédératif est « l’opposé de la hiérarchie ou centralisation administrative et gouvernementale ». Comme mode d’organisation, il est la réponse anarchiste à l’Etat centralisé des communistes. Il est la réponse à l’étatisme et à ce titre il constitue l’épine dorsale de la conception libertaire de l’organisation. Et dans la mesure où l’organisation des forces qui doivent abattre l’Etat constitue le modèle de la société qui doit s’y substituer, le fédéralisme est à la fois la forme de l’association des producteurs aujourd’hui et celle qu’elle aura demain. La société économique d’aujourd’hui contient en elle- mêmes le principe de son organisation future. L’anarchisme n’est donc pas une simple critique de l’Etat comme organe de répression au service de la bourgeoisie ou comme accaparement de la force collective de la société. Il est ce mouvement qui entend restituer à la société des producteurs le pouvoir social dont ils ont été spoliés. On comprend donc que la problématique de l’anarchisme n’est pas la prise du pouvoir politique par une élite se substituant aux anciennes élites mais la restitution aux producteurs de leur pouvoir social. [2]

Proudhon et Bakounine avaient un réalisme politique dont Kropotkine semblait dépourvu. Ils préconisaient tous deux la décentralisation politique et la centralisation économique. Cela signifie tout simplement que les choix politiques, les choix sur les orientations qui devaient être prises concernant les problèmes globaux devaient se faire par un débat commençant au bas de l’organigramme, dans les structures de base, puis dans les échelons intermédiaires pour parvenir ensuite au sommet sous forme de synthèse : c’est en somme un débat démocratique. Une fois les choix faits, leur mise en œuvre dans une société industrielle développée pouvait nécessiter une certaine centralisation, non pas de la décision, mais de la mise en application.[3]

Il faudra revenir sur cette idée de centralisation économique et sur les risques encourus. Mais à ce stade de réflexion, l’important est bien dans l’apparition de cette croyance en l’inéluctabilité de l’anarchisme et sur l’ancrage naturel de ce dernier. Ces errements allaient conduire à faire partiellement l’économie d’une pensée critique sur le pouvoir et son contrôle.

[1] Genèse de l’anarchisme, , René Berthier.

[2] Extrait de Genèse de l’anarchisme, inédit, René Berthier

[3] Extrait de Genèse de l’anarchisme, inédit, René Berthier

Anarchie et pouvoir 10
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