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Ce blog se veut un lieu de réflexion libertaire autour des concepts de domination et de pouvoir.L'objectif serait de fournir une base référentielle pour faciliter le renouveau de la pensée libertaire. Attention comme tout blog il faut commencer par la fin soit le message le plus ancien. Pour faciliter ,les articles ont été numérotés puisqu'ils font partie d'un ensemble de textes. La forme blog m'est apparue plus intéressante que la brochure en raison de la gratuité et des échanges à venir.Vous pouvez laisser des commentaires en cliquant sur l'icône éclair.Cordialement et bonne lecture !

23 Jun

Du paradoxe du pouvoir 3

Publié par sureau  - Catégories :  #anarchie et pouvoir, #27

Du paradoxe du pouvoir 3

"La cité n'est pas naturellement une."

Penser la cité comme unicité conduit à la perte de la cité.

La cité est plurielle de par définition et si "elle avance trop sur le chemin de l'unité , une cité n'en sera plus une, car la cité a dans sa nature d'être une sorte de multiplicité, et si elle devient trop une, de cité, elle retourne à l'état de famille, et de famille à celui d'individu."

L'enseignement d'Aristote est lourd de conséquence et il démontre à quel point la philosophie politique, à la suite des écrits platoniciens s'était fourvoyée dans la recherche du meilleur régime politique. La quête de l'Un a détruit le Multiple.

Penser la cité revient à penser la multiplicité, à réfléchir aux articulations entre les uns et l'Un comme expression de la pluralité.

Cela amène à saisir la distanciation nécessaire, à réfuter les thèses organiscistes et identitaires pour favoriser le lien communautaire.

Cela conduit à penser ensemble le lien et la séparation, à concevoir ce qui relie les hommes et les séparent.

La cité doit être conceptualisée comme non seulement addition et agrégation de forces mais comme intégration.

Les multiples s'intègrent à un ou des projets évolutifs d'un corps unifié mais non unique. Les forces centripètes et les forces centrifuges doivent se déployer dans un espace de communion non excluant de la désunion qui participe du processus vital de la communauté.

Ceci explique le mouvement apparemment paradoxal des conseils ouvriers, difficilement perdurables du fait des forces centrifuges prédominantes et du risque de perte de la pensée de la communauté par excès des mouvements fusionnels et la recherche d'une représentation organiciste de la société, obligatoirement réductrice de la multiplicité.

Trop souvent, les conseils ouvriers n'ont pu développer que des expériences fragmentaires n'aboutissant guère au-delà de l'agrégat atomisé de conseils.

A contrario, les expériences anarcho-syndicalistes ont parfois pêché par excès de structuration de la représentation organiciste au détriment des forces centrifuges.Il en est né des conceptions certes plus efficaces en terme d'efficacité organisationnelle mais moins authentiques du fait de l'importante neutralisation des forces centrifuges, inhérentes à une communauté de vivre ensemble.

Il nous faut donc penser ensemble l'union, la communion et la désunion; le lien et la séparation comme aboutissement possible du lien.

Il faut penser la communauté de vivre ensemble du point de vue du monde vivant et l'émanciper des forces centripètes et centrifuges qui la menace sans cesse soit par centralisation organiciste soit par éclatement ou atomisation.

Penser la cité comme monde articulé de cet entre-deux, implique le lien maximal par communication interne non réduite à l'état de simple prise de décision.

C'est toute l'importance des structures de mandatement impératif des élus par la communauté, de représentation par rotation des tâches et limitation dans le temps.

Le vote n'est alors plus un tabou dès lors que nous pensons l'être commun.Il n'est qu'une modalité formelle et décisionnelle du moins tant que les forces centripètes ne se révèlent pas dominantes dans le vivre ensemble.

La recherche de l'accord est fondamentale par le dialogue qu'elle instaure en continu dans la communauté.

La règle unanimitaire ne constitue nullement une garantie pour les forces centrifuges.Il est aisé d'imaginer des forces centripètes agissant implicitement et participant d'unions non clairement énoncées ce qui fut le cas dans des structures de type fédéraliste, fondées sur la recherche de l'unanimité par des motions, négociant des accords entre elles au détriment de forces centrifuges plus petites ou moins influentes.

La règle affinitaire souffre de maux analogues si le formel cède le pas au profit du chaleureux et de l'affectif. L'atomisation est à son paroxysme dans ce type de structures ou les forces centrifuges prévalent. Ce type de structures explique grandement l' atomisation dans l'espace et dans le temps des mouvements anarchistes qui ne cessent de se faire et de se défaire, sans que le projet de vivre ensemble ait été explicite.

L'apparaître commun des structures s'avère être un véritable piège pour l'être en commun.

La formalisation des rapports relationnels et par la suite décisionnels n'implique pas la primauté de forces centripètes excluantes des forces centrifuges et n'impacte pas la valeur décisionnelle des individus qui composent le vivre ensemble.

Vouloir privilégier l'affectif au collectif n'est pas toujours probant. La confusion des domaines formels et artificiels avec l'intime peut conduire à des méprises où l'intimité peut primer sur la solidarité, la privauté sur la collectivité.

Comment imaginer encore possible des débats similaires à ceux entre Kropotkine et Malatesta à propos de l'entraide ou encore ceux entre Voline et Makhno au sujet des principes organisationnels?

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