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Ce blog se veut un lieu de réflexion libertaire autour des concepts de domination et de pouvoir.L'objectif serait de fournir une base référentielle pour faciliter le renouveau de la pensée libertaire. Attention comme tout blog il faut commencer par la fin soit le message le plus ancien. Pour faciliter ,les articles ont été numérotés puisqu'ils font partie d'un ensemble de textes. La forme blog m'est apparue plus intéressante que la brochure en raison de la gratuité et des échanges à venir.Vous pouvez laisser des commentaires en cliquant sur l'icône éclair.Cordialement et bonne lecture !

14 Aug

Hétéronomie et autonomie des sociétés 1

Publié par sureau  - Catégories :  #anarchie et pouvoir

Hétéronomie et autonomie des sociétés 1

Hétéronomie et autonomie des sociétés

Dans mon enfance on m’a enseigné cette expression : la lutte du pot de fer contre le pot de terre. Le renoncement à la liberté de penser le monde et de se penser en devint aussitôt une évidence. J’ai eu cette intime conviction que cette formule devait passer aux oubliettes au nom de la liberté et de la créativité.

Le précepte m’a poursuivi jusqu’alors sous des formes multiples, des mues conceptuelles : utopiste, rêveur, romantique…l’ordre du monde était et il ne fallait pas le contester mais l’homme est déterminé et l’intuition première est demeurée.

Préalables théoriques :

Si nous partons que le principe constitutif d’une société est en elle-même, située en une période historique et en un tissu social déterminant, que le monde dans lequel elle s’inscrit est son monde, sa création ; nous ne pouvons qu’ en déduire que toute transcendance religieuse ou laïque n’est que création imaginaire sociale, historiquement déterminée.

« L’idée qu’il y a une source et un fondement extra-social de la loi est une illusion. La loi, l’institution est création de la société : toute société est auto-instituée mais jusqu’ici elle a garanti son institution en instituant une source extra-sociale d’elle –même et de son institution. » [1]

La société produit alors son pouvoir comme forme d’idéalité, conjugué selon une détermination externe avec des intercesseurs : interprètes, messagers, minorité éclairée, penseurs ou passeurs d’idées...

Son pouvoir lui échappe alors, devenant extérieur en ses finalités et interne quant à son autoproduction et reproduction. La société produit alors des normes, des valeurs qui abondent toutes dans le sens extérieurement déterminé. Religieuses ou laïques, les sociétés se sont érigées selon des valeurs extérieures à la société bien que résultantes d’elle.

Le paradoxe est que : « La société se crée – et pour commencer, se crée comme société hétéronome. »[2] alors qu’elle pourrait et devrait affirmer son autonomie. Ainsi nos sociétés industrielles ne maîtrisent pas leurs choix de sociétés et s’en remettent aux mythes du progrès, de l’abondance, de la science omniprésente et omnipotente…

Transcendante bien qu’immanente à la société, la production du pouvoir n’y échappe pas.

Le pouvoir traverse de part en part la société comme il a été souligné dans d’autres articles.

Alors que produit par elle, le pouvoir se définit comme extérieur à la société, au-dessus d’elle. En quelque sorte, il s’émancipe d’elle.

Ce pouvoir hétéronome, produit de l’activité créatrice de la société, donné comme extérieur à elle, en devient inaltérable et incontestable par soucis de stabilisation et intemporel par quête de permanence historique.

Il pose un moment d’origine comme absolu incontournable et incontestable et prétend à l’éternité. Le pouvoir ne peut pas et ne veut pas penser sa fin. Pour ce faire, il est polymorphe et modulable bien qu’unique apparemment, le pouvoir est multiple dans ses configurations et expressions.

Le pouvoir est tout et se veut tout. Il est l’Un.

Il ne conçoit le multiple qu’au service de l’Un et de la puissance.

Il se veut la société et prétend détenir les clés de l’évolution et de l’avenir de la société. Les multiples ministres et thuriféraires dictent à la société les lois de son devenir espérant par cela échapper à la détermination sociale historique alors que l’institution de la société est auto-institution.

La société autonome pose elle-même sa loi, ses mythes et ses normes et signifie l’ouverture et le désordre fondateur de l’ordre.

La société hétéronome pense la fermeture.

La validité est de fait. La chose est entendue une bonne fois pour toute. Elle est incontestable sauf par des rêveurs, des hurluberlus dénués de tout sens des réalités…

La question de la légitimité ne se pose donc pas. Le terme même de légitimité est anachronique puisque le bien-fondé légitime se prétend éternel et atemporel. Il est et c’est tout.

« C’est donc dans et par le social-historique qu’émerge et est créée cette validité de droit. »[3]

Tout est à réinterroger, à repenser et à réinterpréter selon des grilles d’analyses novatrices qui devront tendre à réinstaurer la société autonome.

[1] Cornelius Castoriadis , domaines de l’homme 2, une interrogation sans fin P 312

[2] Cornelius Castoriadis , domaines de l’homme 2,institution de la société et religion, P 477

[3] Cornelius Castoriadis , domaines de l’homme 4, Anthropologie, philosophie, politique p 140

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